Isild Le Besco

Elle 2 février 2004



Cinéma. Isild Le Besco dit " Action ". Une affaire de famille.

Trois enfants, petits, dans un appartement, grand. Seuls ou presque. Une caméra depuis longtemps oubliée enregistre leurs jeux. " L'idée, dit Isild Le Besco, réalisatrice de ce " DEMI-TARIF ", était que les enfants ne jouent pas. Du moins, pas la comédie. Parfois, ils me filmaient, par souci démocratique. " Les parents sont absents. La mère - " Elle " dit la voix off - néglige parfois de leur fournir le minimum nécessaire. EDF menace de couper le courant, la directrice de l'école s'étonne de leur mise peu soignée, voudrait voir les parents. Elle ne les verra pas. Le spectateur non plus. Le trio s'organise pour la survie, s'enfuit des fast-foods sans payer, vole aux étalages. Dans ce décor d'abandon s'épanouit une joyeuse fiction nourrie d'éléments autobiographiques évidents. Une histoire écrite à 16 ans par une jeune femme qui affirme sa passion de l'enfance. " J'adore parler avec les enfants de choses sérieuses. La spontanéité, le caractère imprévisible de leurs déplacements, de leurs réactions me ravissent. " L'énergie communicative de " DEMI-TARIF ", soulignée par une réalisation tonique, très maîtrisée, donne à ce moyen-métrage sa vitalité. A quelques jours de la sortie, Isild doute : " Quand on me dit qu'on aime mon film, je crois qu'on me ment. " Et elle ajoute : " J'ai l'impression que les gens qui m'aiment aiment le film et que les autres le rejettent. " Mais comment ne pas aimer Isild Le Besco ?

Michel Palmieri